DIJON (21)
Maison Millière
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Situé au numéro 10 de la rue de la Chouette, cette maison à pans de bois se trouve à deux pas du chevet de l'église Notre-Dame. Les origines fort anciennes du terrain nous font remonter jusqu'au début du XIIIeme siècle. A cette époque s'élevait à cet endroit une simple cabane habité par un marchand du nom de Le Verrier. Son fils Ebard la vendit en 1254 aux chanoines de la Sainte-Chapelle du Palais. Ceux-ci gardèrent cette bâtisse durant près de deux siècles puis la vendirent à Guillaume Millière durant le mandat du doyen Antoine de Rye (de 1449 à 1495). Originaire de Beaune, la famille Millière avait prospéré grâce aux commerce du drap. Leurs armes étaient "d'azur a trois épis de millet d'or". Odinot, le premier membre connu de cette maison était un marchand vivant à Beaune en 1418. Son descendant, Guillaume lui aussi marchand drapier fit construire vers 1483 cette habitation pour lui et ça femme Guillemette Durand. Pour réaliser ces travaux et surtout les financer, il rédigea en mars 1483 une supplique afin de demander une réduction d’impôt à la mairie. On sait donc grâce à ce document que la maison était encore en chantier à cette date. Après ça mort survenue vers 1510-1511, ça veuve Guillemette créa un office spécial " la Messe des Millières" pour son défunt mari dans l'église Notre-Dame. On sait aussi qu'elle payait des 1512 un cens au chanoine de la Sainte-chapelle pour avoir hérité de la maison de son mari. De son union avec Guillaume était née Jehan qui fut marchand drapier comme son père et deux filles, Guiote et Jeanne qui épousa un certain Chrétiennot Poiretet. Ils furent les parents de Benigne Poiretet un marchand qui habita la maison vers 1528. Parallèlement, la ligné des Millières continua d'exister et d'avancer dans la bourgeoisie dijonnaise. Michel, le fils de Jehan exerça lui aussi le métier de marchand et habita la maison vers 1529. Par contre, son fils Guillaume II Millière fut maire de Dijon de 1571 à 1575 et occupa le poste de Conseiller-Maitre des Comptes au parlement de Bourgogne dès 1573. Pour cela il fut titré Seigneur de Saulon, d'Aiserey, de Fenay et de Bretenières, Baron de la Villeneuve. Par la suite les membres de cette famille occupèrent des postes importantes dans presque tous les domaines. Un Guillaume Millière (mort vers 1619) fut conseiller du Roy au parlement de Dijon en 1586, un certain Jean Millière fut doyen de la sainte-Chapelle en 1612. Un autre fut commissaire aux fortifications de bourgogne et Jean-Baptiste Millière, le dernier membre de cette famille fut lieutenant-colonel d'artillerie au milieu du XVIIeme siècle. Pendant ce temps la maison Millière fut habitée par toute une série d'artisan et de commerçant comme Claude Gigot en 1565, Louis Mousseau un potier d'étain et graveur en 1685, puis par Antoine Petitjean vers 1739. A partir de 1782 elle est habitée par un soldat nommé Chardon et par un huissier nommé Berthaud. Au début du XXeme siècle, MM Nouvion et Courtois en sont propriétaires. En 1927, il confit la restauration complète de la maison à l'architecte Auguste Drouot (1881-1958) qui lui rend son aspect archaïque. Après de nouveau travaux réaliser en 1998 par des artisans, la maison Millière à rouvert ces portes et accueil de nos jours un restaurant.


Donnant sur la rue de la Chouette, le rez-de-chaussée en pierre est percé par deux grandes baies en hanse de panier et par une porte surmontée d'un arc en accolade. L'étage en encorbellement repose sur d'énormes consoles en pierre. Il est éclairé par une fenêtre double et par deux petite baie. L'ossature en bois repose sur de gros poteau d'angle, des sablières et des colombages en forme de croix de Saint-André. L'ensemble est comblé par des briques vernissées. Le décor sculpté de la façade comprend des masques grimaçant, des pinacles pour les fenêtres, des pampres, des écus et des choux frisés pour les bords de la sablière de chambrée. La grosse sablières de plancher est ornée dans ces angles par une sorte de chien assis et un lion tenant sous ça patte un écusson portant un double G relié par une cordelière d'amour. Ces deux lettres symbolisent les prénoms des fondateurs du lieu. Le niveau des combles est éclairé par une petite lucarne et le toit est orné de deux statues. L'une en étain figure un chat, l'autre en céramique représente un duc de Bourgogne.
A l'arrière de la maison, le rez-de-chaussée en pierre est surmonté d'un mur pignon en pans de bois. Celui-ci est éclairé par de grandes baies et l'ensemble est maintenue par des colombages en forme de Croix de Saint-André. Comme pour la façade principale, le tout est comblé par des briques vernissées. Sur la partie droite du mur s'élève un escalier en bois desservant les étages. Il est surmonté d'une toiture et il est muni d'une balustrade.