DIJON (21)
Hôtel Fremyot
(voir la page d'accueil de Dijon)


C'est le numéro un de la rue Jeannin (ancienne rue du Faucon) qui abrite derrière ces portes ce bel hôtel particulier. Même si la majeure partie de l'édifice remonte à la fin du XVIeme siècle, le pavillon d'angle situé à l'entrée semble cependant daté du milieu du XIVeme siècle. Lorsque l'on regarde en effet le buste d'évêque installé dans une niche, il semble que cette construction ait été édifiée à la période médiéval (peut-être pour un abbé de Notre-Dame). Les titres de propriété de la maison se perdent par la suite puis on retrouve un acte de vente fait à Claude Ier Fremyot en 1579.


Blason de la famille Frémyot


Claude II Frémyot
(1593-1670)
Tombeau en marbre et calcaire
Cathédrale Saint-Benigne, Dijon
Les Fremyot qui vivaient depuis le début du XVIeme siècle dans un hôtel situé rue du Palais avaient pour ancêtre Oger Frémyot qui vivait à Dijon en 1445. Par la suite, ces descendants occupèrent des fonctions importantes à la chambre des comptes puis au parlement. Son fils René Ier Frémyot fut tout d'abord notaire en 1467, puis clerc à la cour des comptes en 1472 et enfin garde de la monnaie en 1479. Ce dernier eu un fils prénommé lui aussi René qui fut conseiller du roi et clerc auditeur à la Chambre des Comptes en 1518. Son fils, Jean Frémyot fut seigneurs de Saulx et de Barrains. Il occupa tout d'abord le poste de clerc et auditeur à la chambre des comptes puis fut conseiller au parlement de Bourgogne en 1527. De son mariage avec Guillemette Godran, il eut plusieurs enfants. Citons tout d'abord Michelle Fremyot (morte vers 1615) qui épousa en 1595 Claude Le Compasseur, lui-même issu d'une riche famille Dijonnaise. Vint ensuite Bénigne Frémyot (1538-1611) qui fut seigneurs de Thostes et de Tolly. Il occupa d'abord le poste de maître à la Chambre des comptes (1571) puis fut conseiller du roi et président au parlement de Bourgogne (1581) avant de finir vicomte-mayeur entre 1595 et 1597. De son mariage avec Marguerite Berbisey il eut plusieurs enfants que nous verrons plus tard. Enfin naquit Claude Ier Frémyot qui acheta et restaura dans le goût de la Renaissance cet hôtel. Comme ces ancêtres, il se dirigea vers une carrière administrative, il fut chevalier et conseiller du Roy et président de la chambre des comptes de 1578 à ça mort en 1611. Grâce à ces fonctions, il put acheter en 1602 la seigneurie d'Is-sur-Tille. De son mariage avec Marthe Berbisey, il eut un fils, Claude II Frémyot (1593-1670). Ce dernier fut conseiller (1620) puis président au parlement de Bourgogne (1643). Son tombeau en marbre se trouve dans la cathédrale Saint-Benigne. Malgré ces mariages successifs avec Jehanne de Souvert et Marguerite Bretagne il n'eut pas d'enfants.


Sainte Jeanne de Chantal
(1572-1641)
Portrait d'aprés Philippe de Champaigne
Musée des beaux-Arts, Chambéry
Revenons à présent sur les enfants de Bénigne Frémyot qui vinrent souvent rendre visite à leur oncle Claude dans son hôtel de la rue Jeannin. On trouve tout d'abord André Fremyot (1573-1641) qui fut abbé de Saint-Etienne de Dijon (1595) puis reçu l’archevêché de Bourges en 1603. Sa carrière religieuse et son amitié avec Saint-François de Sales (1567-1622) incitèrent grandement ça sœur Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) à fondé l'ordre de la Visitation. Après la mort de son mari Christophe II Rabutin, baron de Chantal (1563-1601) cette dernière s'orienta progressivement vers la religion et fut canonisée en 1767 sous le nom de Sainte Jeanne de Chantal. Malgré les diverses affirmations émises autrefois par des spécialistes, la sainte n'est pas née dans cette maison. Elle naquit en faite au no5 de la rue du Palais.

André Frémyot
(1573-1641)
Archevêque de Bourges
Gravure de Balthazard Moncornet
(1600-1668)

L'hôtel Frémyot fut acquit ensuite par l'écrivain et conseiller au parlement Pierre Dumay, Seigneur de Saint-Aubin et de Gamay (1627-1711). En 1738, la demeure fut achetée par le chevalier Jean-Bernard du Tartre, seigneur de Sassenay et président à mortier au parlement de Dijon. Peut de temps après un incendie se déclara et détruisit une partie des bâtiments annexe. Probablement revendu par son fils, l'hôtel fut racheté en 1752 par Claude Courtois un marchand de fer. Ce dernier le garda jusqu'en 1805. Il fut ensuite acheté par le poète et écrivain Charles Brugnot (1798-1831). Durant cette période, les lieux servir également d'imprimerie au journal libéral "le Spectateur" que Brugnot avait fondé. La maison fut ensuite la propriété de Madame Vallot qui la garda de 1855 à 1888. De nos jours ce bel hôtel Renaissance offre au visiteur ça façade et ça belle cour intérieure.


C'est derrière de lourde porte cochère que se cache la façade Renaissance de cet hôtel particulier. Une fois pénétrée dans la cour intérieure on est face à trois ailes fort différentes. A leurs pieds, le jardin planté d'arbuste est agrémenté d'un vieux puits surmonté d'une armature en fer forgé et muni de poulies. Sur la gauche en entrant, le petit pavillon d'angle semble remonté à la période médiéval. Il est orné d'ogives trèflées et de tympans décorés d'une étoile. Au centre de l'une des ogives trône un buste d'évêque mitré. Les outrages du temps subit par cette sculpture ne permettent malheureusement plus d'identifier le personnage, ce qui est fort dommage. En avançant dans la cour, l'aile gauche qui se déploie devant nous est caractéristique de la Renaissance classique. Les arcades du rez-de-chaussée sont entrecoupées par des pilastres à peine esquissée et surmontée d'une belle mouluration. La partie sommitale de chaque arcade est surmontée de médaillons encadrés de guirlandes et ornées de mascarons à tête humaine. On retrouve ces mascarons justes sous les combles du premier. Toutes ces décorations rappel le style d'Hugues Sambin alors en vogue à la fin du XVIeme siècle. Les portes et les fenêtres de la façade furent refaite en partie au siècle dernier, ce qui casse l'harmonie de l'ensemble. Le bâtiment central présente peut d’intérêt si ce n'est pour la belle lucarne ornant les combles. Celle-ci est encadrée par des cariatides émergeant de gerbes et surmontée d'un fronton triangulaire orné d'un mufle de lion. La dernière aile endommagée durant les années 1740 présente peut d’intérêt.