BUSSEOL (63)
Château de Busséol


Dominant à 700 mètres de haut, le rocher volcanique servi dès l'antiquité de point de défense aux habitants de la région. En effet, les traces d'un castrum gallo-romain datant du IIeme siècle nous montrent que ce site était déja utilisé pour se protéger et surveiller la campagne environnante. le château actuel fût construit vers 1170 par le comte Guillaume VIII d'Auvergne. Malgré les multiples batailles et destructions qui s'y produisirent, il est l'un des rares châteaux romans à être encore en état dans toute la région. Du vivant du comte Guillaume VIII, le château fût cédé au Pape Alexandre III qui l'aida dans sa guerre contre l'évêque de Clermont. En 1215, le comte Guy II d'Auvergne résista à l'assaut mené par les troupes du roi Philippe II Auguste qui tentait de reconquérir la région. Vers 1357, en pleine guerre de Cent Ans, le château fût de nouveau assiégé par les troupes du Prince Noir. Enfin, en 1595, le château dû faire face aux assauts du duc de La Rochefoucault. Finalement, le château échappa de peu aux destructions ordonnées en 1633 par le cardinal de Richelieu. Bien que de nombreux combats se déroulèrent aux pieds de ces murailles, le château fût également le théâtre d'une vie de cours assez brillante. Celle-ci fût menée, entre autres, par les nombreux comtes d'Auvergne (tous liés à la couronne de France), par le prince Jean Stuart (qui l'acquiert en se mariant avec Anne de la Tour d'Auvergne) et, enfin, par les reines Catherine de Medicis et Marguerite de Valois qui l'avaient en leur possession. En grande partie ruiné aprés la révolution, le château fût racheté en 1966 par la famille Houlier qui entreprit des travaux de restauration considérables.




Juché sur un piton rocheux, le château de Busséol tire son nom du latin "Butéo" (buse) qui, par extension, signifie nid d'aigle. En effet, c'est bien cette impression que l'on a lorsque l'on arrive au pied de celui-ci. L'ensemble, de forme trapezoïdale, est protégé par de hautes murailles et cantonné dans les angles par deux grosses tours rondes. La première, qui servait de tour de guet, est percée de meurtrières et terminée par des crénaux. De ceux-ci part un chemin de ronde qui fait le tour jusqu'au donjon. Celui-ci domine la porte d'entrée qui est protégée par une bretèche.
Lorsque l'on arrive dans le jardin des Croisades (que l'on appelait au moyen-âge le "pré-haut"), on est surpris de trouver à cet endroit un espace vert alors que, partout ailleurs, c'est l'aspect défensif qui domine. C'était en effet le seul moyen pour les habitants du château d'avoir des plantes médicinales et aromatiques étant donné qu'ils vivaient totalement coupés du monde lors des sièges.
L'intérieur du château s'organise autour de quelques pièces mal éclairées comme la salle des Gardes ou la salle des Chevaliers qui a son plafond soutenu par un portique à colonnes. Le premier étage, qui était réservé à l'habitation seigneuriale, dispose dans la Grande salle d'une superbe cheminée romane datant du XIIeme siècle. Les pièces suivantes servaient de chambre à coucher. Dans l'une d'elles dormit le roi Charles IX . Pour finir, le donjon, qui se compose de deux étages, possède une salle circulaire, voûtée en coupole. C'était dans cette pièce que les occupants venaient se refugier lorsque le château était envahit.