SAINT-MENOUX (03)
Eglise Saint-Menoux



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Au milieu du VIIème siècle, alors que le village s'appellait Mailly-sur-Rose, arriva un évêque irlandais prénommé Menelphus qui s'établit ici à son retour d'un pélerinage à Rome. Il finit sa vie d'hermite en ces lieux. En guise de remerciement pour toutes les choses saintes qu'il avait fait durant sa vie, les habitants décidèrent de changer le nom de leur village en l'appelant désormais Saint-Menoux. Une communauté de bénédictines vint s'installer ici au Xème siècle pour honorer les reliques du saint homme. C'est à cette époque qu'elles entreprirent la construction d'une abbaye afin d'y déposer les ossements de Saint-Menoux. Entre le XIème et le XIIème siècle, ce sont deux édifices qui se sont succédés à l'emplacement de l'abbaye. De ces deux campagnes de travaux, il ne nous est parvenue que le narthex. A partir du XIIème siècle commencèrent les travaux du nouveau choeur de style roman bourguignon. Au XIIIème siècle, on lui adjoignit une nef qui subit quelques modifications au cour du XVème siècle. Quelques oeuvres d'art furent rajoutées par la suite, mais la grande majorité de l'église nous est parvenue telle qu'elle était à l'époque romane.




La sévérité de la façade occidentale, se découpant en trois parties horizontales séparées par des contreforts, contraste énormément avec la beauté du chevet. Celui-ci est une remarquable construction romane constituée de cinq chapelles décorées de colonnes engagées à feuillage et d'un cordon de billettes encadrant les fenêtres. Surmontant ses chapelles, on retrouve un déambulatoire qui est dominé par une abside dont les pilastres cannelés sont placés en alternance avec de petites baies. Au-dessus de cet ensemble trône depuis le XIIIème siècle, le clocher ayant deux étages de baies (aveugle pour le premier, ouverte pour le second).
Une fois passée la porte d'entrée, on pénètre dans la partie la plus ancienne de l'édifice. En effet, le narthex datant du XIème siècle conserve sa voûte en berceau brisé, ses arcades cintrées et ses chapiteaux primitifs ornés pour la plupart de motifs géométriques. On débouche ensuite sur la nef qui, malgré le fait d'avoir été reprise au XVème siècle, garde une voûte en berceau du XIIIème siècle dans le collatéral gauche. Le reste de la nef fût voûté d'ogives dans la période gothique. De la même époque, on retrouve, en levant les yeux, la coupole du transept. Finalement, on arrive devant le choeur. Celui-ci fût construit sur deux niveaux séparés par une frise de grecques. La partie basse du choeur comporte de grosses colonnes cylindriques décorées de chapiteaux à feuillages. La partie haute est pour sa part éclairée par des fenêtres hautes décorées de colonnettes et de chapiteaux. Un déambulatoire typiquement bourguignon, où alterne piliers et pilastres, permet d'accéder aux différentes chapelles.
Dans le fond du choeur se trouve le "débredinoire" où sont enfermés les ossements de Saint-Menoux. Une vieille tradition locale attribut à ces reliques le pouvoir de guérir les simples d'esprit (ou "bredins" en patoie bourbonnais). Une ouverture faite dans le sarcophage permet aux gens de vérifier si la légende dit vrai. Quelques objets intéressants, comme un bas relief sculpté d'un Christ en mandorle ou une vierge de pitié du XVIème siècle, sont visibles dans le petit musée lapidaire et dans la nef.